Durant les secondes suivant ce coup de théâtre, il fut impossible à quiconque de suivre le fil des discussions. Tous les membres du quorum s’adressaient les uns aux autres de façon désordonnée.
Des « mais qui était au courant ? » ainsi que des « il ne peut pas faire ça ! » fusèrent virtuellement à travers la planète.
Les récents propos d’Alex Villas alimentaient un brouhaha digne des places parlementaires des pays démocratiques.
Sergeï Ivanov profita du tumulte pour quitter les écrans des yeux et pour se servir au bar une rasade de vodka.
Edora Lünd, elle, tentait vainement d’extraire de quelconques arguments utilisables dans toutes ces bribes de phrases.
Finalement, après ces quelques instants d’anarchie, Edora se racla fortement la gorge pour annoncer qu’elle reprenait le contrôle de la discussion :
-Monsieur Alexander Villas, êtes-vous sûr de votre décision ? Avez-vous bien pesé celle-ci ?
-Absolument, mademoiselle Lünd. Tout a été mûrement réfléchie… De plus mon choix préserve à la fois les intérêts de l’Organisation et les miens.
Alex Villas remarqua instantanément l’impact de ses mots grâce au changement de couleur sur le visage d’Edora mais il continua sur sa lancée.
- Je vous rappelle d’ailleurs que nos procédures et protocoles nous permettent sans crainte le départ de l’un d’entre nous. C’est pour cela que nous avions décidés, dés le début, le fractionnement autant des informations que des emplacements de nos centres névralgiques importants…
Je vais donc remettre, dés aujourd’hui, au président du Quorum mes dossiers sécurisés ainsi que mes codes d’accès. Naturellement, je vous conseille, dans l’intérêt de tous, de bien vouloir déplacer les endroits sensibles restés sous ma juridiction dans les plus brefs délais.
L’un d’entre vous a-t-il un commentaire particulier à ajouter ? Osa même demander Alex Villas…

