Darkening Power… Le roman de fiction en ligne Page 4

juin 15th, 2011

Destiny train – Part 3

Photo © Axel Photo/Philippe RuizPhoto © Laurin Rinder/fotoliaPanopeus me regardait avec cet air pédant de celui qui connaît un secret que les autres ignorent. Il tenait vraiment à marquer la supériorité de son statut par rapport au mien.

Devant mon évident refus d’engager une amicale  discussion avec ce connard fini, il lâcha enfin d’un ton très professionnel :

« Avant de te donner les ordres pour la prochaine mission, j’aimerais que nous discutions de divers points. Je souhaiterais connaître tes impressions quant à l’état du monde… »

Je dois bien avouer que je m’attendais à tout sauf à ça. Depuis quand interroge-t-on les agents de terrain sur des questions qui sont censées les dépasser ? Les mecs comme moi font ce qu’on leur demande. Point à la ligne.

Nos états d’âmes n’intéressent personne d’autre que les psychologues de l’Organisation… quand ils s’y intéressent d’ailleurs.

Par curiosité, je décidais de me prêter au jeu en lui exprimant le fond de ma pensée…à ma façon. Autrement dit, tout en finesse et subtilité.

« L’humanité va droit dans le mur. Elle saccage son environnement naturel, sans se préoccuper d’autre chose que du profit immédiat… »

Devant l’absence de réaction, j’en rajoutais une couche. « L’environnement importe bien peu de toute façon puisque les différentes nations n’arrivent pas à Photo © DX/fotolias’entendre sur la couleur du crottin… de toute façon, les bombes atomiques et les besoins économiques des pays les plus puissants se chargeront de rendre inhabitable une grande partie de notre planète… »

Ulric se contentait de me regarder fixement, en silence, sûrement pour jauger mon degré de sincérité.

Tout en avançant mon buste de lui pour lui prouver que je pensais chacune de mes phrases, j’enchaînais sur d’autres points que je n’abordais généralement pas avec les autres.

« La liberté individuelle dont on nous bassine à longueur de temps n’est qu’une fumisterie. Il suffit de voir comment nous traitons les individus issus de nos minorités ainsi que nos pauvres pour le comprendre. Et je ne parle même pas des pauvres des autres cultures. Non seulement l’égalité entre les individus n’existe que théoriquement, mais en plus, la réalité indique simplement que seuls les plus riches et les plus forts disposent de la possibilité d’agir librement . Mais continuons, parlons maintenant des dirigeants de nos sociétés soit-disant civilisées… »

Face à la soudaine lueur d’intérêt dans son regard , je décidais de stopper net mon déballage verbal et retournais au fond de mon siège.

A son tour, il s’approcha de moi jusqu’à quelques dizaines de centimètres de mon visage puis prononça avec calme et ironie.

« Je te trouve bien idéaliste pour un ex-mercenaire… »


Quelques images, souvenirs-fantômes d’un passé encore bien trop présent, remontèrent à la surface…

La Sierra Leone en 1997