STORM IS NEAR (part 6)
Les rituels rythment nos journées. Certains plus agréables que d’autres…
Depuis prés d’un mois, Adilar se levait tôt rien que pour me porter une tasse de café et pour discuter avec moi.
J’appréciais ce rituel matinal ! J’appréciais aussi sa compagnie !
Alors qu’au beau milieu de cette jungle amazonienne j’attendais l’ordre de retour en Europe, nous échangions nos souvenirs et je m’exprimais enfin librement au sujet d’Ivana.
Notre rituel quotidien débutait toujours de la même façon : Elle venait me rejoindre portant deux tasses de café chaud… je retenais une grimace pour ne pas la vexer tant le gout est amer… Le front plissé elle s’énervait faussement en me demandant :
» Je ne comprends pas pourquoi mon café est toujours aussi mauvais ! Explique moi de nouveau ! »
Et tout les matins je lui répétais en souriant:
» Ce n’est qu’un problème de dosage…Tu es trop généreuse ! Tu penses que plus tu ajoutes de café et meilleurs il sera. »
Ensuite, je remportais les deux tasses pour les vider dehors puis je lui rendais sa tasse vide.
Ensemble, nous nous rendions dans la cuisine pour préparer du café pour nous comme pour les premiers levés.
Une fois de plus, elle m’observerait moudre les grains de café puis doser soigneusement la mouture… De nouveau elle souhaitera en ajouter en affirmant : » Mais, il n’y en a pas assez pour nous tous. » Mais comme tout les jours je l’en empêcherais. Elle ajoutera alors pour me faire plaisir » Ivana ne sais pas ce qu’elle rate ! Un homme qui sait se débrouiller en cuisine est une perle. » Puis je lui répondrais en clignant de l’œil » N’oublie pas que je suis français ! Nous sommes génétiquement programmés pour cuisiner. »
Alors, elle rirait bruyamment puis se cacherait la bouche avec sa main comme pour se rappeler que les autres dorment encore. Finalement nous retournerions à la table avec deux tasses de café (agréable à boire) pour …papoter.
Mais cette fois, le rituel fut interrompu au moment où je rendis la tasse vidée du café imbuvable à Adilar.
Sa main saisit le récipient puis le temps sembla se figer pour elle. Elle resta quelques secondes sans cligner des yeux ni faire le moindre mouvement.
Puis, sans raison apparente, elle perdit connaissance et s’effondra à même le sol…
